Lot N°711

Alfa Romeo Giulietta Sprint Zagato - prototype 00001 • 1959 VENDU

Vendue en transaction privée par leBolide

Numéro du lot711

Vendeur Red59

Vendeur particulier

Langues FR, GB, IT

Lieu où se trouve le lot Bergamo, Italie

Le plus Le prototype de la Sprint Zagato présenté au Salon de Genève et vainqueur du Championnat GT Italien 1300 cm3 en 1960

Et aussi Historique complet, depuis 40 ans dans la même famille

Numéro de sérieAR10126 00001

Cylindrée1290 cm3

Nombre de cylindres4

Transmission Manuelle

Nombre de rapports 5

Description

Historique

Modèle emblématique d'Alfa Romeo, la Giulietta a été déclinée dans tous les styles de carrosserie. Tour à tour coupé, berline et spider, son caractère sportif a atteint son apogée avec les versions Sprint, culminant avec les exemplaires carrossés par Zagato. Après quelques commandes particulières passées dès 1956 à "Zagatino", comme se plaisait à le surnommer Enzo Ferrari, et répertoriées sous le nom de Sprint Veloce Zagato (SVZ), Alfa Romeo confie en 1959 à ce dernier la production d'une petite série qui sera simplement appelée Sprint Zagato (SZ), ou encore Tipo AR10126. Plus aboutie et plus légère que la SVZ, elle naîtra avec un arrière arrondi (coda tonda) avant d’évoluer vers un arrière tronqué (coda tronca). 

Signées Ercole Spada, les lignes profilées sont épurées afin de simplifier le moulage des panneaux en aluminium dont l'adoption permet de passer largement sous la barre des 800 kg. Avec son treillis tubulaire en acier, son empattement de 2,25 m, son moteur 4 cylindres double arbre à cames de 1290 cm3 en aluminium, alimenté par deux carburateurs Weber double corps Ø40, délivrant 100 ch à 6500 tr/mn et sa boîte de vitesses manuelle à 5 rapports assurant la transmission de la puissance aux roues arrière, la SZ s’imposera rapidement en compétition. 

Le prototype de la SZ est présenté officiellement au salon de Genève en mars 1960. Il porte le numéro de châssis AR10126 00001. Il s’agit de la voiture proposée ici. Première d'une série de quelque 200 exemplaires, elle a vu le jour le 19 décembre 1959. Comme on le discerne sur les documents d’époque (photo 140), la voiture était alors peinte en gris argent et les phares étaient carénés. A peine 8 semaines plus tard, elle prend le départ du Grand Prix de Naples, sous les couleurs de l’Ecurie Sant Ambroeus, dont Elio Zagato était l'un des fondateurs, pilotée par Sergio Pedretti alias "Kim" (il avait choisi ce pseudonyme en référence à l’actrice Kim Novak dont il était un fervent admirateur). Entretemps, la face avant avait été modifiée et le carénage des phares supprimé afin d’offrir un éclairage de meilleure qualité, et la couleur était passée au rouge, la couleur officielle de l’Italie en compétition. 00001 conserve toutefois jusqu’à ce jour un certain nombre de détails de Genève qui la rendent unique et la distinguent des exemplaires de production, comme les poignées de portière, les sièges hérités de la SVZ ou encore certains aménagements au tableau de bord. 

Après une 2ème place au général et une victoire de catégorie à Naples, Kim remporte une nouvelle 2ème place absolue au Tour de Calabre, suivie de nombreuses victoires couronnées fin 1960 par un titre de Champion d’Italie en Grand Tourisme 1300 cm3. Une dédicace du pilote est présente à l'intérieur de la portière gauche (photo 077). Il est vraisemblable que le moteur avait été amélioré par Facetti, le préparateur retenu par la Scuderia Sant Ambroeus, qui en tirait jusqu’à 115 ch. 

La voiture poursuit sa carrière sportive les années suivantes aux mains successives de Luciano Conti et Arnaldo Cappa. Le carrossier bolognais Giuseppe Brusiani, toujours en activité à ce jour, l’acquiert selon son souvenir en 1968/69. Elle était alors blanche et le moteur était démonté. Après en avoir confié le remontage à l’Officine Dardani, disparue depuis, et avoir repeint la caisse en rouge - c’était son métier ! - Brusiani la mit en exposition dans son atelier et ne s’en servit jamais. Il la revendit 5 ou 6 ans plus tard à Edo Ansaloni, créateur d’un musée militaire à Bologne et décédé en 2020. En 1982, un passionné de voitures historiques du Nord de l’Italie l’acquiert et fait établir le certificat d'immatriculation italien au nom du Veteran Racing Cars Bergamo dont il est l’animateur. Son décès prématuré en 1989 entraîne le transfert de propriété à ses héritiers qui la possèdent toujours. 00001 a donc passé sa vie en Italie et bénéficie d’un historique limpide. 

Le compteur affiche 19515 km, impossibles bien sûr à garantir mais peut-être réels. Depuis la fin de sa carrière agonistique, la voiture a en effet très peu roulé. Elle a participé à quelques réunions du Registro Italiano Alfa Romeo et parcourt annuellement entre 200 et 400 km pour son entretien. Le véhicule est homologué par l’AutoMotoClub Storico Italiano (ASI). Le contrôle technique a été effectué en août 2020. Le vendeur ne signale aucun défaut de fonctionnement. 

Un rapport d’état détaillé est donné ci-après. En résumé, 00001 est aujourd’hui en excellent état de fonctionnement et prête à prendre la route. Elle possède toujours son moteur d’origine, c’est confirmé par les archives Alfa Romeo (photo 143), et c’est exceptionnel pour une machine de course. Bien qu’étant aussi en très bon état de présentation, elle n’est toutefois pas en état concours. L’acquéreur pourra choisir de l’utiliser telle quelle, ou de procéder à une restauration pour la reconfigurer telle qu’elle fut présentée à Genève ou telle qu’elle remporta le Championnat d’Italie. Quel que soit son choix, 00001 est et restera une automobile unique !

Extérieur

La carrosserie est d’origine, telle que sortie des ateliers de Zagato avec les petites modifications intervenues après le Salon de Genève de 1960. On remarque sur les photos d’époque que les prises d’air entourant la calandre verticale comportaient deux barrettes horizontales (photos 140). On en compte aujourd’hui trois. On peut imaginer que la course avait laissé quelques traces et que ces éléments décoratifs ont été remplacés par des pièces de production. Des défauts mineurs sont visibles sur les cercles des phares légèrement piqués (photos 022, 049 et 050), le rétroviseur (photo 052), la calandre (celle-ci présente aussi une petite trace de choc - photos 020, 023 et 024), les feux d'éclairage de plaque arrière (photo 035). La bordure de toit côté droit est fendue et déformée (photo 028), celle du côté gauche comporte des éraflures (photo 041). L'encadrement des fenêtres présente quelques égratignures bénignes (côté droit, photos 028 et 030, côté gauche, photos 041 et 042). On note des éclats de peinture sur la face avant, au niveau du sigle Zagato de l'aile avant droite et du joint d'étanchéité de la portière gauche (photo 132). Le dessous de cette dernière est également déformé (photo 128). Le caoutchouc d'étanchéité du coffre est déchiré en haut à gauche (photo 072). Signalons des boursouflures de peinture présentes sur la poignée de portière droite (photo 027) et l'extrémité de l'aile arrière gauche (photo 038). Les vitres latérales sont en verre acrylique. Des traces d'oxydation quasi insignifiantes sont décelables sur l'orifice de remplissage du réservoir de carburant situé dans le coffre (photo 068), divers éléments du train avant (bras et tirants, photos 129 et 130), ainsi que sous le châssis (photo 031). Les jantes d'origine sont chaussées de pneus Pirelli Cinturato CN36 175/70 VR 15 dont le profil restant est d'environ 70%. La roue de secours est équipée d'un Pirelli neuf.

Intérieur

L'intérieur est entièrement d'origine. Le similicuir des sièges et les tapis de protection présentent une patine conforme à l'âge du véhicule (photos 093 à 098). Des traces de corrosion affectent l'armature des sièges (photos 124 et 125). Le chrome des poignées d'ouverture des portières (photo 085), des lève-vitres (photo 084), des compas de vitre arrière (photos 117 et 118), de la poignée de frein à main (photo 091) et du bouton d'ouverture de la boîte à gants (photo 103) est terni et légèrement piqué (photos 121 et 122). Côté passager, le plancher est usé et craquelé (photo 113). Ce défaut est masqué par les tapis de sol qui le recouvrent. Le chrome de la tige du levier de vitesses est défraîchi (photo 105). L'instrumentation d'origine est complète et en état de fonctionnement. Des harnais Sabelt ont été installés.

Mécanique

Il est exceptionnel qu’une automobile ayant couru possède encore, après 60 ans, son moteur d’origine. C’est le cas ici (photo 143). Il n'a fait l'objet d'aucune intervention depuis 40 ans, pas plus que la transmission, hormis l'entretien périodique. Une révision et un réglage ont été effectués en 2020.


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